Page d'accueil | 2006-10 »

30.09.2006

The Straight Story - 1999

de David Lynch
 
medium_straight_story.jpg
 
Contexte: David Lynch reste l'un des cinéastes les plus inventifs au vu de son oeuvre très "unique". Avec la destruction narrative de "Lost Highway", Lynch réinvente le cinéma en posant de nouvelles règles où on n'a nul besoin de logique ni de cohérence (en a-t-on besoin dans un cauchemar???). Avant "Lost Highway", Lynch nous avait gratifié du succulent "Blue Velvet", film à part et très personnel, où Dennis Hopper joue l'un des plus grands rôle du Cinéma contemporain. Après vint "Mulholland Drive", sorte de mélange entre "Blue Velvet" et "Lost Highway", avec lequel Lynch nous offrit le culte, l'indescriptible et le sommum du mystère donnant à la fin un mélange bien profond (sans oublier entre autres, "Elephant Man", "Eraserhead","Sailor et Lula"...). Lynch est un mystère, ses oeuvres le sont encore plus.
 
Contenu: J'ai voulu vous présenter ce film, "The Straight Story", non pas parce que c'est le meilleur Lynch (loin de moi cette idéé car tout Lynch est une expérience à part et qui se doit d'être vécue), mais parce qu'il est parvenu là à nous surprendre. Stupeur!!! Où est passé le massacre narratif? les mystères donnant la migraine? moi qui suis habitué aux bizarreries indéchiffrables de ce même Lynch. "The Straight Story" est dans son contexte un drame assez classique où un vieu briscard, j'ai nommé "Richard Farnsworth" (qui nous offrait là une performance aussi époustouflante que bouleversante), traverse la campagne américaine au dos de sa tendeuse à gazon pour rejoindre son frère malade. Au premier abord il n'y a pas beaucoup de matière dans cette histoire mais Lynch même sans mystères nous faisait partager ses angoisses (déjà perçues sur ses précédentes oeuvres), et ses plans larges qui se morfondait magnifiquement à la campagne américaine. On se prend d'amitié de ces vieux bonhommes qu'on suit avec tellement de plaisir. Honte aux décideurs du festival de Cannes qui ont décidé de bouder ce chef d'oeuvre.

27.09.2006

Hable Con Ella - 2002

De Pedro Almodovar
 
medium_hableconella.JPG

 

Contexte: Almodovar chroniqueur de la société espagnole est l'un des réalisateurs contemporains les plus remarquables. Almodovar connut le succés international avec le magnifique "Todo sobre mi madre", et difficile de de rebondir suite à un tel succés. Le film que je vous propose fut donc cette passation entre ses oeuvres orientées "femmes" vers d'autres plus abouties ou plutôt de plus grande envergure, plus sensibles et touchants. Je vous conseillerais donc les magnifiques "Todo sobre mi madre", "Carne Tremula" et "Volver" si vous appréciez ce chef d'oeuvre.

Contenu: Ce film d'Almodovar avec tout son lot d'émotions et de sentiments est une expérience que l'on doit vivre absolument. Comme tous les Almodovars le film est basé sur une narration des plus rigoureuse avec un amour et une attention infinies pour ses personnages aussi nevrosés, seuls et fragiles qu'ils soient. C'est un film sur l'amour, la solitude, le dialogue, l'écoute, l'absurde de la vie, l'émotion autour de la beauté, le dialogue avec la mort... Ce film est ponctué par trois évasions lyriques avec deux pièces de Pina Bausch (mythe de la dance contemporaine) et un "cucurrucucu" magnifique interprêté par Gaetano Veloso. Cela sans oublier le petit vice que s'est permis Almodovar avec ce court métrage muet où "l'homme qui retrécit" réalise son fantasme: Hommage à Lang, Griffith et Mureneau maîtres du film muet.

Bonus: Le "cucurrucucu Paloma" de Gaetano Veloso appreciez.

24.09.2006

Idi I Smotri - 1985

d'Elem Klimov
 
medium_idiismotri.JPG
 
 
Contexte: Après avoir regardé quelques chef-d'oeuvres ayant la guerre pour thème, j'avais cru tout voir. Il est vrai qu'après la fatalité d'"Apocalypse Now" (le chef d'oeuvre en la matière), l'objectivité de "Platoon", la puissance de "La liste de Schindler" et l'intrigue de "Voyage au bout de l'enfer", je ne peux pas dire que je n'ai rien vu. Mais après un visionnage de ce petit film Russe (qui ne devrait pas s'appeller "Come and See" mais "Shut up and Watch") je me suis pris une claque après laquelle je ne dirais jamais que j'ai tout vu. L'impact après le visionnage est aussi fort et insoutenable qu'Apocalypse Now sinon plus.
 
Contenu: Flora, un adolescent biélorusse découvre une arme sur un soldat mort et se retrouve embrigadé par la résistance pour lutter contre les Nazis, en 1943, et ce en dépit du refus de sa mère. Elem Klimov dans ce film à priori tiré de ses souvenirs essaiera de reconstituer le massacre d'un village biélorusse par les allemands. Il nous confronte à une terrible réalité montrant la bestialité dont est capable l'être humain. Une longue descente en enfer que la performance des acteurs ne peut que confirmer, avec pour toîle de fond du Mozart mêlé à toutes sortes de sons et d'effets auditifs impressionnants. J'ai trouvé le mot pour le décrire: "Fondamental".

23.09.2006

Underground - 1995

d'Emir Kusturica
 
medium_underground_affiche_fr_dvd_big.jpg 

Contexte: Après quelques longs métrages, le talent de Kusturica est reconnu mais la reconnaissance tarde même après une palme d'or à Cannes pour "Papa est en voyage d'affaires" en 1985 et le succulent "Arizona Dream" avec Johnny Deep en 1993. Après deux ans de dur labeur, le film n'en finit pas, Kusturica réecrit le scénario plusieurs fois et risque de ne pas être prêt pour le festival de Cannes. Finalement le film est prêt et c'est autour des débats autour de cette fresque baroque de ne plus en finir. La controverse autour du film va battre son plein avec un article injurieux d'Alain Finkielkraut dans le journal Le Monde où il accuse Kusturica de servir la cause pro-serbe de Milosevic (petit détail sans importance: Alain Finkielkraut n'a pas vu le film avant d'écrire sa critique).

Contenu: Que dire sur ce film sinon que c'est un des chef d'oeuvre du cinema. Kusturica, nostalgique, après que la guerre n'eut éclaté de nouveau en serbie, s'inspire d'une pièce de théatre pour nous conter quarante ans d'histoire Yougoslave. Un film d'une extrème profondeur, bourré d'idées. Petit exemple: pour la bande son, Kusturica se paye le luxe de d'integrer une troupe tout le long du film, et pas auditivement seulement mais visuellement aussi. Aussi plein de symboles comme la portion de terre prenant la forme de la Bosnie qui se détache du continent pour aller vers d'autres cieux, la fameuse phrase "Plus de Yougoslavie?" que prononce Ivan en sanglotant, le mariage souterrain qui se transforme en noyade génerale(hommage à Atlantis?), les soldats des nations unis tous africains qui n'en ont vraiment rien à foutre sinon à refourguer des armes au noir, bref tellement de symboles qu'il faudrait tout une page pour les énumerer.

Bonus: Rien que pour vous le morceau "Mesecina" joué par Goran Bregovic et tiré de la bande son.

 

Aguirre ( Aguirre, la colère de dieu ) - 1972

de Werner Herzog
 
medium_aguirre.JPG
 
Contexte: Depuis l'utopie de Platon et son Atlantide, l'homme fut toujours en quête de la société idéale. La légende  Incas d'Eldorado (l'homme doré) contait l'hitoire d'un roi qui s'enduisait de poussière d'or et qui au milieu de la lagune sacrée de Guatavita jetait des emeraudes et des objets en or promis à sa femme incestieuse et sa fille qui se sont enfoncé dans les ténèbres de cette lagune. Ce récit arriva jusqu'aux oreilles du Conquistador espagnol Sebastián de Benalcázar qui, obsédé par l'or, en fit la légende de l'Eldorado, ce qui allait amener en Amérique une multitude d'aventuriers en quête des cités d'or.
 
Contenu: Werner Herzog s'est interessé à l'expédition dirigée par le conquistador espagnol Francisco Pizarro, à partir des mémoires du moine Gaspar de Carbajal. Herzog s'intéresse plus spécialement à Lope de Aguirre (joué par Klaus Kinski). Aguirre fasciné par Hernán Cortés (qui conquit Mexico en ayant désobéi aux ordres du roi), se révolte quand Pedro de Ursua (le chef d'expédition) déclare l'expédition finie. Aguirre, lieutenant de Ursua, tue se dernier pour continuer la quête. Ce film retranscrit donc l'evoltion de cette expédition et la soif de pouvoir absolu qui naquit chez Aguirre. L'oeuvre concerne aussi ces hommes en rupture de société poursuivant leurs chimères pour ne trouver que la mort. Tout celà sur un fond fabuleux de jungle Amazonienne.

19.09.2006

Dersou Uzala - 1975

D'Akira Kurosawa
 
medium_dersou.JPG
 
Contexte: 1970, Akira Kurosawa , le maître incontesté du cinéma japonais, est sur le declin après l'échec commercial de son premier film en couleur "Dodesukaden". Le génie tente même de se suicider mais heureusement pour le cinéma que sa tentative échoua sinon le monde aurait été privé de ses 3 chefs d'oeuvres suivants j'ai nommé "Dersou Uzala" , "Kagemusha" et "Ran". Même si ce film n'a pas la renommée des 2 suivants , il n'en est pas moins important dans la filmographie du Japonais car grâce aux soviétiques, d'abord pour "Dersou Uzala", et aux américains Coppola et Lucas , ensuite pour "Kagemsusha", que le maître retournait sur la scène plus déterminé que jamais.
 
Contenu: Un géographe russe du nom de Vladimir Arseniev, chargé de prendre des relevés topographiques de la Taïga Sibérienne, rencontre dans la région de l'Oussouri un drôle de petit bonhomme répondant au nom de Dersou Uzala, chasseur Mongol de la tribu des Goldes à qui la Taïga n'a aucun secret. Au fil des évènements, Kurosawa dressera un tableau pittoresque de la nature tout aussi poétique à la manière de Tarkovsky. Kurosawa met en évidence ainsi l'importance du respect de la nature grâce à ce petit bonhomme bourré d'idéaux et de principes, qui survit dans des conditions extrêmes où faune, flaure, lacs, neige et autres obstacles se déchaînent. Un chef d'oeuvre idéal pour faire entrevoir la poésie à quelqu'un qui y est insensible.

18.09.2006

Festen ( fête de famille )- 1998

De Tomas Vinterberg
 
medium_festen.JPG


 
Contexte: Tout a commencé avec le Dogme Danois qui est une charte écrite en 1995 par 4 réalisateurs, dont Lars Von Trier et Tomas Vinterberg, pour donner un nouveau souffle au cinéma ou du moins pour donner un autre souffle que celui du cinéma Hollywoodien. Ce  voeu de chasteté consistait en 10 règles de base, pas de lumière artificielle, pas de son extérieur aux prises, caméra à l'épaule , pas de décors artificiels... Donc de créer un film dénué de tout effet. Le premier film qui respecta scrupuleusement ces règles du dogme fut "Les idiots" de Lars Von Trier et le second n'est autre que "Festen". Ce Dogme eut l'effet escompté et donna une bouffée d'oxygène au cinéma scandinave en général qui depuis Ingmar Bergman sombra dans le chaos total et qui maintenant bouscoule les plus grandes nations du cinéma.
 
Contenu: Vinterberg, après avoir vu son ainé s'intier au Dogme avec "Les idiots", présenta en 1998 un mélodrame qui se classa illico presto dans le genre du film d'auteur. Le spectateur est confronté à une analyse de l'hypocrisie, de l'inceste et de situations rocombolesques au sein d'une même famille réunie au départ pour une simple fête de famille (d'où le titre). Le spectateur, en plus de ce remue (pas ménage mais) méninges, devra se faire à cette image granuleuse, floue, et à ce cadrage approximatif, maîtrisé et incohérent. Bref une expérience cinématographique impréssionnante et qui dérange.

Reservoir Dogs - 1991

de Quentin Tarantino
 
medium_RESERVOIR_DOGS.JPG
 

Contexte: Après un petit film "My best friend's birthday" réalisé avec ses amis, Tarantino cinéphile endurci écrit quelques scénarios et les vend ("True Romance" réalisé par Tony Scott et "Natural Born Killers" ou Tueurs Nés réalisé par Oliver Stone). Ces scénarios lui ont servi à financer son premier long métrage j'ai nommé Reservoir Dogs. Dans ce contexte il serait bon à savoir qu'après avoir vu le meilleur film de tous les temps à savoir "Pulp Fiction" je me suis empressé de regarder le premier film de ce même réalisateur. Et depuis ce jour , je pourrais être qualifié de mordu du cinema.

Contenu: Dans le cotenu pas grand chose, sinon des scènes cultes, un scénario assez bien ficelé, une pléiade d'acteurs dont un Harvey Keitel au sommet de son art et un Michael Madsen cynique à souhait, une musique à couper le souffle. Et surtout un film qui s'est réalisé entre trois décors... Si avec tout ça je ne vous convainc pas...

 

 Bonus:

podcast

 

La noix de coco :) une des chansons de reservoir dogs , oui Tarantino, pour la violence comme pour la musique, a des goûts assez étranges bref appréciez ;). 

Toutes les notes